vendredi 2 août 2024

Narsaq : champs d’icebergs et glacier « doré »

 

Narsaq est une petite ville d’environ 2000 habitants dans un fjord au bout duquel un énorme glacier (Bredefjord) charrie beaucoup de glace. La vue est donc spectaculaire, et unique dans le Sud Groenland, avec ces géants majestueux à perte de vue. 

La navigation n’y est pas simple et nécessite une concentration maximum pour se frayer un chemin dans la glace.

Nous nous souviendrons longtemps de notre première arrivée devant Narsaq, la soirée bien entamée car aucune de nos précédentes tentatives de mouillage dans le fjord pour passer la nuit ne s’était révélée fructueuse. 

Nous avons cheminé dans le champs d’icerberg jusqu’à minuit passé, avec une lumière tamisée, s’affaiblissant doucement, totalement poétique mais pas hyper confort côté sécurité. 


Nous sommes rentrés dans le mouillage avec les dernières lueurs, presque une heure du matin, fatigués par une longue journée de navigation de 60 miles (au moteur… fjord oblige), et voilà la baie envahie de growlers……… gloups. 

Nous nous avançons. C’est magique mais est-ce raisonnable de poser l’ancre avec toute cette glace autour, le risque étant clairement qu’un growler vienne dériver sur notre ancre et la bloque, nous empêchant de repartir, ou nous obligeant à l’abandonner sur place… options évidemment plus que problématiques. 


Dans le fond de la baie, les fonds remontent, cela à l’air dégagé, nous sommes crevés, la nuit est là, nous posons l’ancre en envisageant de faire des quarts de mouillage pour surveiller la glace. Nous nous levons toutes les 1h30 chacun notre tour. 



La fin de nuit se déroule sans encombre. 


Le matin sous un soleil radieux nous rejoignons Narsaq à 5 miles en face.


C’est magnifique.



Mowgli amarré au quai des pécheurs, nous retrouvons la civilisation quittée 15 jours plus tôt à Saint-Pierre : le rituel des immuables escales logistiques se met en place, bien huilée : 

* priorité n°1 = wifi (XXI siècle oblige : ados et parents sont avides de se connecter pour donner des nouvelles, lire leurs messages et faire les quelques recherches nécessaires pour l’organisation !!) 

* priorité n° 2 = épicerie pour le frais (du mouton par exemple, élevés sur place, un délice) 

* priorité n°3 = douches (dans le petit hôtel qui laisse accès gratuitement aux douches aux peu de voyageurs de passage). 

Le seul point wifi étant au fameux petit hôtel qui se trouve à 200m du quai, nous voilà servit pour la journée ! Notre balade dans la ville nous plonge dans la réalité de ces communautés isolées, tellement atypiques et cosmopolites. 

Nous croiserons des natifs, typés inuits, toujours discrets, des pécheurs remontant leurs caisses pleines de morues, des touristes randonneurs ou kayakistes en transit, des danois amoureux des lieux ayant fait l’acquisition d’une petite maison avec vu sur le fjord comme résidence secondaire. A longueur de journée, les fameuses navettes TARGA (les mêmes qu’au Spitzberg) assurent à grande vitesse la liaison entre les villages et le seul aéroport de la région quelques miles plus haut à Narsarssuaq.

Plein de GO pour Mowgli au minuscule ponton des vedettes 


Le lendemain, nous profitons du temps encore exceptionnel pour filer aux glaciers du Fjord Qalerallit Imaat renommé Glaciers dorés tant le paysages est minéral, presque rosé.

Trois glaciers se rejoignent dans ce fjord, et comme tous les glaciers sur notre planète, ils ont énormément fondu ces dernières décennies, laissant derrière eux la roche vierge à l’état brut. 

Glacier n°1 

Glacier n° 2 

Glacier n°3 ( dit Tiramitsu par Chris) 








C’est un décor de roches, de pierres, de cailloux, qui s’offre à nous brillant sous un soleil éclatant. 

Nous mouillons dans une crique aux pieds d’un des glaciers par 30 mètres de fond. Il n’y a que de la roche autour. 

Pas un signe de vie. Peu probable de croiser un ours dans les parages : armés de fusées de détresse et d’une corne de brume, nous prenons le risque d’une balade à terre. C’est tellement beau……



Opération drone : 

Etape 1 : aller le chercher au bateau 

Etape 2 : montage et test 

Etape 3 : malheureusement petit problème technique, le drone reste bloqué à 40 m autour de nous. Pas de survol de l'islandis possible....



Vu du drone, nous sommes les petits points sur la roche en 1er plan


Cela n'entache pas notre bonne humeur pour autant !!! 

Ni notre satisfaction ! 


Oups : tout est une question d'équilibre ....

... Et de point de vue ! 











... ce qui laisse Jules méditatif !! 


Au matin, lorsque nous levons l’ancre après une soirée et une nuit d’un calme olympien, la surface de l’eau est recouverte de fast-ice (légère couche de glace). Certes le soleil est éclatant ces derniers jours mais nous sommes tout de même dans l’arctique….

Dernières vues des glaciers :