samedi 15 juin 2024

Quand on "Maine" on ne compte pas ;-)

Le Maine se raconte à travers ses paysages somptueux, ses habitants adorables et sa «Culture» du Homard. 

3 chapitres donc pour conter les aventures de Mowgli dans le Maine version 2024. 

Chapitre 1: Le Maine, un joyaux de la nature. 

Nous avons eu une chance incroyable : le brouillard qui nous collait à la peau depuis notre départ de New Rochelle, s’est levé quelques heures avant notre arrivée sous voile dans le petit village de Port Clyde et a laissé place à une semaine de grand beau temps. Des conditions parfaites pour savourer les mouillages ravissants, les navigations entre les îles et les randonnées à terre. C’est beau… nous sommes totalement conquis. Les photos parlent d’elles-mêmes et se passent de commentaires. 




Chapitre 2 : Portraits

- DANNIS, le "fisherman" de Port Clyde

Nous abordons Dannis en train de nettoyer son bateau au retour de pêche pour savoir si il peut nous indiquer où acheter du homard. La conversation s’engage, et comme souvent «You’ve been sailing with the boat from France??!!!.. ». Nous sommes séduits par le bonhomme, jovial et enthousiaste, mais nous n’allons pas beaucoup plus loin dans l’échange, notre objectif restant de trouver des "Lobsters" pour le diner de ce soir.


 

Suivant les indications de Dannis, nous trouvons les Lobsters à la coopérative à quelques pontons de là (8 $ la livre, soit 7 € le homard). Après les avoir déposés sur Mowgli et nous être assurés que Jules et Clarisse sont bien concentrés sur leur école, une fois n'est pas coutume nous partons flâner dans les alentours, et voir si éventuellement une épicerie est ouverte. 


Alors que nous marchons en bord de route à la sortie du village, un gros pick-up rutilant s’arrête à notre hauteur : De nouveau Dannis qui nous demande tout sourire ce que nous cherchons, et nous propose aussi sec de nous conduire jusqu’à la supérette la plus proche, à une dizaine de km de là. 

Et c’est ainsi que Dannis nous raconte sa vie : originaire du village, il a 7 enfants et autant de petits enfants. Sa mère âgée de 101 ans vit encore là elle-aussi, autonome dans sa petite maison avec vue sur la baie. Dannis a perdu un bras il y a quelques années et ne part plus en pêche seul dorénavant. En revanche, il occupe son temps libre à fabriquer, de sa seule main qui lui reste, des perchoirs à oiseaux en forme de Homar avec les vieux casiers. Le business des pêcheurs du Maine est de moins en moins rentable selon lui : les charges augmentent et la concurrence des Canadiens est rude… Deux de ses fils sont pêcheurs mais il pense que ce n’est pas l’avenir pour ses petits enfants. Dannis nous parle dans un anglais rapide, brut, toujours avec un grand sourire et nous ne comprenons pas tout. Peu importe. Il insiste au retour pour faire un détour jusqu’au phare, nous raconte fièrement qu’une scène de « Forest Gump » a été tournée ici, nous raconte les anecdotes sur chaque maison et recoins du village, ici tout le monde se connait. 


Lorsqu’il nous dépose devant la Coopérative ou se trouve notre annexe, c’est avec en cadeau un Lobster-perchoir qu’il nous dit au revoir et nous fait de grands signes si chaleureux. La vendeuse nous regarde et nous dit en souriant : «Tout le monde connait Dannis ici, il est tellement gentil… ». 


Merci Dannis pour ce moment précieux. Un seul regret, notre pudeur qui nous a retenu de prendre une photo de ton sourire si rayonnant malgré les années, les épreuves, les jours en mer…. 



Le couché de soleil fut magnifique ce soir là. Le diner un pur régal : bienvenus dans le Maine les Mowgli. 






- LAURA et AGATHA, les filles du fond de la baie de "Isle-au-Haut"

Quelques jours plus tard, nous posons l’ancre au fond d’une baie sauvage magnifique. Les cartes marines déconseillent les lieux pour cause de bancs de sables et Rochers isolés, nous y allons donc prudemment et sommes heureux à l’idée d’avoir l’assurance d’y être seuls. Il fait un temps superbe. Seules 3 maisons se détachent au loin des grands sapins qui bordent le rivage, deux d'entre elles n'ont pas l'air habitées. 



Encore une fois, Jules et Clarisse font leur école à bord et nous partons donc à 2, en annexe repérer où nous nous pourrons débarquer le lendemain en tenant compte des cailloux et du marnage. Pas évident . Mais, l’île Au-Haut est réputée pour ces chemins de randonnée, le beau temps se maintient et nous avons donc bien l’intention d’en profiter. 

A peine avons nous mis quelques coups de rame, qu’une grande dame, jean, chemise de bucheron, baskets, sortie d’une des maisons en face, nous hèle en faisant de grand signes. Nous nous approchons. «where are you from? France!!?!! Do you want a shower ? » dit-elle, avant même de dire bonjour. Et «Have you prepared your dinner ? Do you like hamburgers? ». ….Euh, oui, nous voulons bien prendre une douche, et oui nous aimons les hamburgers… 

 Nous avons à peine eu le temps de dire que nous avions aussi 2 ados à bord, qu’elle nous répond fermement de filer vite, d’aller les chercher, et de revenir fissa car elle commence à préparer. Avec un franc-parler et une "grande gueule" à l’Américaine, voilà donc Laura qui ne cessera pendant la soirée de faire des blagues, de nous couper la paroles en passant d’un sujet à l’autre et de nous resservir toujours plus.


Elle vit avec Agatha. Elles ont une bonne cinquante et travaillent dans le New Jersey. Laura qui travaille dans le domaine de la chimie semble ravie que Jules veuille étudier la physique! «Good choice guys! ». Et d’insister auprès de Jules pour qu’il aille à l’Université de Princeton, New Jersey, la meilleure au monde selon elle, celle d’Einstein dit-elle comme pour nous convaincre.


 

Et nous voilà assis dans leur salon, devant un bon feu, après une délicieuse douche brûlante dans la douche d’été, en plein air, vue sur Mowgli. 





Un verre de vin, à la main, burger, salade, et chantilly. Laura et Agatha ont déjà dîné (quelle idée ces américains qui dinent à 16-17h) mais qu’importe : elles ont cuisiné pour nous et nous regardent manger en nous posant mille questions ! 


Laura, s’affaire dans tous les sens et écoute peu nos réponses. Elle nous explique que ses grand-parents ont construit la maison d’à côté il y a une centaine d’année. Qu’elle vient ici depuis qu’elle est toute petite. Que c’est son petit paradis. 


 


Agatha, plus discrète et plus calme au contraire est attentive à tout. Polonaise, médecin en cardiologie, elle a émigré aux US pour faire de la recherche. Elle n’en est jamais partie et elle a maintenant la nationalité américaine mais conserve quelques mots de français et un esprit européen assurément dans sa façon d’être. 



Nous avons donc été totalement gâtés, bichonnés et séduits par ces filles hautes en couleur et généreuses, dans un cadre splendide et nous avons vécu un moment magique. 

Nous garderons en mémoire le franc-parler typique de Laura et ses «bulshit!» à tout va, et le regard bienveillant et maternel de Agatha sur nos deux ados. Ados totalement enchantés de la soirée, revenus sur Mowgli triomphants avec une boite de chocolat discrètement offerte par Laura à notre insu ! 


- RICHARD, le sportif solitaire de Duck Harbor

Une autre façon de vivre le Maine pour les américains c’est d’y venir pour sa nature incroyable. Voile, randonnées, kayaks, trekking, le cadre s’y prête. Et certains le vivent à fond. 

Ainsi, alors que approchons de la minuscule et perdue crique de Duck Harbour, nous croisons un gars navigant sur son petit voile-aviron. Christophe toujours attentif au moindre détail, remarque qu’il s’agit d’un modèle fabriqué en France et effectivement quand l’embarcation s’approche, Richard, nous apprendrons son prénom après, nous aborde en français. Nous échangeons quelques mots, un grand bonjour et nous poursuivons notre route pour mouiller à quelques miles de là, port Duck étant trop étroit pour Mowgli.

 



Le lendemain, notre chemin de randonnée nous fait passer par Duck Harbour, et nous avons la surprise d’y retrouver Richard sur son petit bateau. C’est l’occasion de partager notre pique-nique avec lui et d’échanger un peu plus que 3 mots. 





Richard a 65 ans, il est français et vit avec sa femmes et ses 4 enfants dans le Massachusetts depuis 25 ans où il fait une belle carrière et a embrassé l’"American way of life". Lui aussi a acquis la nationalité américaine. Sur les précieuses 3 petites semaines de congé par an dont il dispose, passionné de voile et sportif, il prend son petit bateau pour pour aller d’îles en îles dans le Maine, dort à bord le soir dans la mini tente sur le cockpit en mangeant des plats lyophilisés et randonne toute la journée en solo. Il a fait venir son « Lite Boat XP » de France, car il voulait ce modèle précisément. Christophe connaît effectivement ce chantier naval et les voilà partis à parler nautisme. 

Nous trouvons dingue son expérience, comme lui trouve la notre incroyable. 

Dans des conceptions si différentes de découvrir le Maine, et avec des expériences de vie si contrastées, et pourtant avec le même goût de la voile, et la même fascination pour cette nature si belle, nous voilà enchantés de cet échange improbable dans cette petite ile perdue où nous n’avons croisé personne d’autre que lui ce jour là…. 

3 façons de vivre le Maine : "fisherman" pilier du folklore et de l’économie locale, résidents secondaires entretenant les belles villa du bord de mer ou sportif en quête de nature, le hasard a mis sur notre chemin de belles personnes pour nous faire découvrir le charme de ce petit coin des Etats Unis. 


Chapitre 3 : la « Culture » du Lobster « le Maine ne serait pas le Maine sans les homards ».


En 2020, nous avions déjà témoigné de l’omniprésence assumée du Homard comme symbole du Maine : c’est la CULTURE du Lobster aux deux sens du terme. Les pêcheurs les élèvent et les vendent dans le monde entier, et le marketing local est entièrement orienté vers l’animal aux pinces rouges. Panneaux publicitaires, vêtements, pancartes, décorations (et même nichoirs à oiseaux ;-) tout est orienté « homard ». 

Nous en avons donc savouré sous toutes les formes, et avec plus d’aisance que lors de notre précédent passage, nous avons abordé directement les pêcheurs avec un billet en main. 

Dans le petit port de Frenchboro, un jeune pêcheur, tout surpris et ravi de ce bateau français débarquant de nulle part, m’a généreusement donné 5 homards contre mon billet de 20 dollars !


Than you "fishermans"  ! Homard au court- bouillon……

……………………….…..Homard mayonnaise…………

………….Queues de homard grillé au beurre…………….

….. Bisque de homard le lendemain cuisinée avec les coquilles (hum un délice)………

……Spaghettis au homard, c’est 4 étoiles sur Mowgli….

Nous oublions nos frustrations des Bahamas sans langoustes!!! 




Dame Nature nous a ainsi encore gâté dans le Maine de tous ses trésors : des paysages splendides, un temps superbe toute la semaine (quelle chance), des rencontres délicieuses et des assiettes savoureuses. Si ce n’est le Paradis, cela y ressemble, non ? 




Chris a trouvé son pied à terre pour l'hiver 






Le Cannabis est dorénavant en vente libre dans beaucoup d’Etats dont le Maine.
Nous, nous préférons consommer  les homards ;-)))) 








Sous le soleil, un vent léger nous a permis de naviguer sous voile entre les îles. 









qui trouvera la goélette?

Une colonie de phoques nous tient compagnie au mouillage. 

Le pont de Mowgli se transforme en observatoire de la vie sauvage 








oups les mouettes ont pied!