Quelle bonne idée avons nous-eu d'atterrir de notre Transat à Antigua!
Ces 2 petite îles sont vraiment étonnantes et uniques dans le paysage antillais. Un cocktail de cultures, un melting-pot d’ambiances dont nous nous sommes régalés. En d’autres termes, un spot parfait pour plonger direct dans le style Caraïbes.
Bienvenus sous les Tropiques les Mowglis!
Antigua et Barbuda, moins de 100 000 habitants, est un tout petit pays indépendant composé de 2 petits îles séparées d’une vingtaine miles nautiques. La géographie et l’histoire les ont unies mais ces 2 îles sont d’allure totalement différentes bien que sur le même plateau volcanique. Antigua, la plus grande est vallonnée et verdoyante, quand sa petit soeur Barbuda ressemble à une crêpe posée au milieu de l’océan, son sommet culminant à 60 mètres.
Antigua, comme tous les membres du Commonwealth conserve les traces de la présence anglaise, en particulier à English Harbour, pour son passé historique en matière de stratégie navale mais aussi pour son héritage encore très présent du yachting et des régates à la voile.
Nous l’avons évoqué: la baie de English Harbour est grande et particulièrement bien arbitrée. Elle avait donc été choisie au XVIII siècle pour y établir un immense chantier naval, permettant la réparation, voire construction de navires pour la flotte anglaise, servant donc de base militaire de 1er choix. L’Amiral Nelson y a vécu 3 ans entre 1784 et 1789, et une partie des bâtiments et installations a été rénovée et classée au Patrimoine de l’UNESCO, témoignage d’une époque où les Antilles n’étaient pas un lieu de villégiature, mais celui des conquêtes militaires coloniales grâce à l’essor de l’esclavage.
L’un des plus grands drames de notre humanité.
Aujourd’hui, le Nelson DockYard est certes un vestige historique mais surtout une marina ultra luxe qui pourrait-être totalement aseptisée, voire repoussante avec ses immenses yachts à la taille d’immeubles…..
….Et pourtant…..
…. bien que cela nous révulse et nous indigne en tout point (quel symbole d’injustice sociale et quelle gabegie environnementale), nous devons admettre que nous restons malgré tout un peu fascinés par ces mastodontes, symbole d’un monde qui n’est pas le nôtre. Un peu comme une balade sur les Champs Elysées du nautisme…. Eh oui, nous arrivons, sous certaines lumières, ou quand tout est éclairé la nuit, à trouver cela beau….
…. Et si vous rajoutez à cela le fait qu’entre 2 énormes yachts se trouvent de magnifiques et immenses voiliers, ou des navires de régates dernier cri mode Coupe de l’America, qui chaque jour sortent s’entrainer dans la baie en virant avec grande classe bord sur bord, dans le mouillage, devant votre étrave, alors forcément, nous tombons sous le charme de cet univers quelque peu subjuguant.
A l’héritage anglais, il faut ajouter un zest d’influence américaine bien présente : les Antilles orientales et les Grandes Antilles sont à la porte des Etats-Unis, le dollar circule, les produits made in USA remplissent les rayons, les immenses yachts et leurs équipages fortunés y trouvent une aire de jeux vite accessible depuis la Floride.
![]() |
| Frere et soeur se racontent des histoires... |

Nous avons donc retrouvé à Antigua le charme des petites cases antillaises toutes colorées et rafistolées, l’une étant une boutique, une autre un bouiboui pour manger sur le pouce. Tous les 50 mètres trônent de gros barbecues où grillent poulets et travers de porc. Les facades des maisons sont recouvertes des pubs pour la bière Caraïb. Les dames qui s’occupent des autorités douanières (obligatoires pour nous qui arrivons en bateau) qui, avec leurs ongles multi couleurs, passent plus de temps à tchatter sur le téléphone derrière le comptoir qu’à s’occuper des papiers mais qui le font avec un tel sourire et gentillesse qu’on leur pardonne. Les rastamen qui passent leur journée sous un arbre à palabrer, les taxis locaux à la roots qui proposent leurs services pour visiter l’île. Dès que l’on quitte les abords cosys des installations touristiques, on constate le dénuement des infrastructures et un mode de vie simple et authentique.
![]() |
| Barbuda ! |
Et Comment ne pas évoquer Barbuda.
![]() |
| Barbuda au coeur du cyclone Irma. On se sent tout petit en voyant cela…… (Photo affichée dans un petit restaurant où nous avons mangé un repas local) |
Ces îles ont été au coeur du terrible cyclone Irma en 2017. Barbuda, du haut de ses 60 mètres, ne bénéficiant d’aucune protection a été littéralement dévastée, et peine à se reconstruire. Dénuement donc pour les 1700 habitants qui contraste avec la belle, et apparente riche, Antigua voisine. Ici, les routes sont défoncées et ne sont plus que des pistes, les ânes et les chèvres y circulent d’ailleurs davantage que les autos, une maison sur 2 n’est plus que ruine, les nouvelles constructions sont faites sur pilotis de béton, probablement en vue de la montée du niveau de la mer, et des phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents.
Impossible de rester indifférent. Ces îles vivent en perfusion avec le tourisme. Avec un tourisme 100% fondé sur l’énergie fossile : arrivée en avion (voir en jet ou en hélicoptère pour certains) , hôtels climatisés, tour en 4x4, balade en jet ski, alimentation qui arrive en containers réfrigérés (agrémenté de langouste et de rhum seules touches locales)….. elles sont en première ligne de la catastrophe climatique mais prises dans un étau de paradoxe. Ici tourisme ne peut pas (ou très difficilement) rimer avec sobriété.
Nous les premiers devons gérer ces contradictions à notre petite échelle.
Après notre escale post-transatlantique ressourçante à English Harbour, nous entamons notre remontée (objectif rappelons le : les Bahamas en avril, New York en mai). Nous décidons de passer au vent de Antigua pour mouiller derrière les barrières de corail. Expérience très chouette d’être mouillé face à cet océan immense que nous venons de traverser mais parfaitement à l’abri de la houle… un moment reposant. La barrière de corail nous tend les bras, ni une ni deux, nous sommes dans l’annexe avec palmes masques et tubas pour découvrir le monde immergé qui effleure devant nous.
Les poissons sont là…mais les coraux tout blanchis…. Le réchauffement de l’eau a un impact direct sur la vie du corail: nous en avons la démonstration sous nos yeux. Une affiche parcourue d’un rapide coup d’oeil à Antigua me revient en mémoire : 18 tonnes de crème solaire toxiques sont déversées chaque années par les touristes sur les plages et les lagons des Antilles ! En première ligne: les fonds marins déjà fragilisés par ailleurs. Dorénavant, je culpabilise encore plus en jetant à la mer chaque jour mon eau de vaisselle avec le produit qui m’irrite les mains…
![]() |
| Julien collègue de Chris en métropole |
Nous laissons finalement le lagon derrière nous pour rejoindre Barbuda. C’est l’occasion : un collègue de Chris y est par hasard avec son voilier tout récemment acheté en Guadeloupe. L’idée d’un apéro partagé dans un cadre magique nous enchante. Nous filons donc pour quelques jours dans cette petite île peu connue et pourtant aux airs paradisiaques. Eaux claires, plages désertes et immenses, barrière de corail, langoustes farouches (pour le challenge)….
Incontestablement un must des Antilles et encore préservé de la foule des plaisanciers, des bateaux de locations et autres charters.
Et l’équipage dans tout cela? Le piment du voyage est bien là : les enfants sont adorables, d’une capacité d’adaptation remarquable. Presque trop sages à mon goût, se contentant de leur petit quotidien, et bataillant pour conserver « leur grasse matinée » et leur « temps calme » dans leur cabine, revendiquant d’être « cool ». J’avoue que parfois, je suis limite exaspérée quand j’ai le sentiment de devoir leur exiger d’aller sauter à ll’eau!!!
Donc les enfants sont ultra « cools » mais cela demande tout-de-même une énergie de dingue de réguler l’ambiance à bord avec maintenant 4 personnalités bien trempées. Cela charrie à longueur de journée et dans tous les sens. Non stop. Entre les contraintes de l'école, celles du bateau (technique et logistique), les envies des uns et des autres, la fatigue de la Transat qui malgré tout est encore un peu là, le huit clos au mouillage est dix fois plus pointu à moduler qu’en navigation (où, comme un seul homme, on avance toute voile dehors dans la même direction…!.!).
Une fois de plus, la conclusion s’impose d’elle même : oui c’est beau, oui c’est magique. Mais vivre cela tous les 4, avec nos 2 grands loustics, qui restent nos plus merveilleux équipiers, cela se mérite. Ils sont adorables, et ultra motivés mais n’oublions pas qu’ils sont loin de leurs copains et d’une partie de leurs univers.
Quelle énergie cela demande-t-il de trouver le bon rythme, le bon ton, le bon tempo quand on est à la fois parents, enseignants, cantiniers, coachs sportif, copains de jeu, confidents, empêcheurs de tourner en rond, animateurs, modèles si possible, contre-exemple parfois…..
Et comme cela met la pression d’être en dehors de sentiers battus: partir en voyage avec des ados, qui plus est en décalage dans la saison, et sur un programme atypique…. Bref, toujours et encore, nous constatons que le voyage reste une expérience inégalée car il mobilise tous nos sens, toute notre attention et notre énergie dans un tourbillon émotionnel intense et continue.
Les anecdotes du bord d’Antigua et Barbuda :
- J’ai cru m’évanouir quand l’adorable chauffeur de taxi qui nous a amené au poste de Douane de Barbuda pour faire nos papiers de sortie (20 min de pistes dans son van tout défoncé ) m’a dit que les 80 dollars n’étaient des dollars caraïbe mais des Dollar US !!! (1US$ = 3 $EC).
- Le délicieux « roti » beef et chicken savouré à Antigua ( spécialité des iles anglophones avec une préparation curry servie dans un galette) et la tête de la cuisinière quand on lui en a demandé un 5ieme tellement Jules et Chris avaient faim.

- Les chouettes apéros avec les équipages de Django ( Louison & Pierre) et Choubouloute (Julien & Loïc).
Les téléphones de Clarisse et Barbara qui ont fait trempette à l’eau de mer lors d’un débarquement sur la plage de Barbuda un jour de grosse houle, nous obligeant à laisser l’annexe à la bouée et à rejoindre la plage à la nage, avec un sac étanche qui ne l’était pas.
Cela ne nous a pas enlevé le sourire pour autant !
(Quoique …. :-)) !!!- Arghhhhhhh !….
3 gros baracudas remis à l'eau car non comestible ;-(
![]() |
| Complicité Père-Fille…. |
![]() |
| Et de 2 |
![]() |
| ….. Complicité Père-Fils ! |
![]() |
| Départ pour la chasse à la langouste |
![]() |
| Séance raquette au coucher du soleil. Clarisse dans l’eau derrière |
![]() |
| Notre Mowgli décidément aussi agréable dans les eaux chaudes que dans les eaux froides… . |








.jpg)













