Flash-back - New York- 14 juin 2020- Voyage #3
Nous sommes dans un New York désert et anesthésié par les stigmates du COVID tout récent. La ville qui ne dort habituellement jamais est d’un calme troublant et les seuls regroupements que nous ayons vu jusque là sont les « Protests » de Black Live Matter suite à la mort tragique de GeorgeFloyd.
Pourtant ce jour-là, nous nous baladons dans les quartiers populaires de … et la ville s’éveille soudainement pour célébrer le « PeurtoRico Day Parade » : musique latino à fond dans la rue et concert de klaxon. La bière coule á flot et c’est en espagnol que les gens s’interpellent. Des voitures défilent sur les avenues à toutes allures, toutes arborants d’immenses drapeaux portoricains. Nous voilà plongés, émerveillés dans ce qui fait la richesse de cette ville cosmopolite : c’est là où, contre toute attente, nous avons eu notre 1er contact avec PortoRico! Marqués par la gaieté mais aussi la fierté de ces portoricains new-yorkais; et nous, curieux d’en connaitre davantage, un jour peut-être…
Mars 2024- Voyage #4
Nous quittons Saint-Martin dans la matinée.
De belles conditions de navigation. Chris assure la veille jusqu’à 3 h. Je prends le relais jusqu’au lever du soleil.
Quelques paquebots, immeubles flottants illuminés, croisés dans la nuit. Les Iles Vierges laissées au loin dans notre Tribord. Je suis parcourue d’un doute : ne vais-je pas regretter de ne pas y avoir fait une petite escale ?…
Certainement pas, Porto Rico nous attend, avec toutes ses richesses à découvrir. Nous gardons en tête l’énergie fascinante de ces drapeaux claquants au son de la musique… Ainsi Porto Rico intrigue.
En effet, ce qui donne encore plus de valeur à cette escale c’est que Porto Rico est réservé aux voyageurs bénéficiant d’un Visa américain. Seuls les bateaux américains et canadiens y viennent librement, mais toute la flotte de plaisance des Antilles (à l’exception des bateaux comme nous qui programmons une remontée vers les USA et disposant d’un visa spécial ), ainsi que tous les bateaux de charter, en sont exclus. Dans les Caraïbes, Porto Rico garde donc un air de mystère. Et c’est aussi pour cela qu’elle en fait une escale de choix, où nous avons retrouvé la saveur de l’exploration, comme quand par exemple Mowgli est le seul bateau dans un mouillage splendide….
Enfin seuls, c’est vite dit : les Portoricains, comme en Floride, ont un pied sur terre et un pied sur l’eau usant de toutes sortes d’embarcation motorisées pour aller pêcher et barboter. Nous sommes donc seuls sur l’eau…. à l’exception du week-end où le plan d’eau est totalement recouvert de jet-ski et vedettes en tout genre. Cela fait incontestablement partie du folklore local: faut faire avec!
Ainsi Porto Rico nous est apparu avec un petit air de Floride - mais un air nettement plus authentique-, une petite touche de République Dominicaine - mais en plus « safe et clean » / ou plus aseptisé, c'est selon- un brin de Cuba pour sa musique et ses couleurs - mais en plus riche et opulent incontestablement. Vous l’aurez compris: Porto Rico, est donc unique et dispose de tout ce que l’on adore dans les îles des Grandes Antilles. Une culture riche et généreuse, un art de vivre authentique, une richesse des paysages, une vie locale qui ne repose pas que sur le tourisme, une eau à 28°, des spots de navigations variés…. Décidément non, je n’ai pas regretté les BVI!!
Ce cocktail portoricain, nous l’avons assurément savouré, mais le temps nous manque et c’est donc plutôt en mode « dégustation & découverte » que nous avons goutté aux richesses des lieux. Disons que nous avons picoré avec délice tout ce qui s’offrait à nous, tout en étant lucide et modeste : il faudrait des semaines pour faire le tour de l’ile, pour davantage rentrer dans les terres, pour se documenter et surtout pour discuter avec des Portoricains, avant de prétendre connaitre ce bout de terre unique dans le continent américains.
Et oui, car PortoRico a quelque chose d’unique. Le récit des drapeaux portoricains flottants dans les rues de New-York n’est pas qu’une anecdote: les liens entre l’île et le continent métropole est subtil.
Porto Rico est bien un territoire US, mais n’est pas pour autant un Etat à part entière. Les habitants ont la nationalité américaine mais pas la totalité des droits de vote, les 10 commandements de la Constitution (Bill of rights) s’appliquent à PortoRico mais pas l’ensemble des lois fédérales. Bref, certains intellectuels portoricains parlent encore d’une forme de colonisation de la puissance continentale sur l’île et il existe bel et bien un courant séparatiste portoricain. Pour autant, Porto rico est aussi le « pays » qui a vécu l’une des plus grandes et massives exodes de sa population de l’ère moderne : après guerre, c’est la moitié de l’ile qui s’est vidée pour rejoindre les grandes villes de la côte Est américaines - près de 4 millions de Portoricain - formant dès lors une diaspora puissante.
Pour ces deux raisons, les Portoricains gardent et revendiquent leur identité, tout en étant pleinement immergés dans la culture nord-américaine.
Le symbole le plus marquant en est la langue: nous sommes en territoire américain, mais l’on parle espagnol ici. Toute la vie locale est en espagnol… (sauf les panneaux d’information des Douanes!!!),… et les touristes qui viennent du continent. Si bien que l’usage de la langue - anglaise ou espagnole - affirme directement une appartenance ou, à l’ inverse une distinction. Ainsi, jamais un Portoricain ne s’adressera à nous spontanément en espagnol…En revanche, ils semblent apprécier qu’on leur réponde en espagnol, et se mettent du coup à parler si vite et enthousiastes qu’on ne comprend rien, ce qui finit en rigolade (ou en quiproquo !!).
Voila donc les secrets du charme de PortoRico. Cette identité forte et des paysages magnifiques.
Nous les avons d’autant plus appréciés que nous avons choisi des coins peu fréquentés, ou du moins peu fréquentés par des touristes du continents ( les Portoricains eux-mêmes profitant aussi des plaisirs du bord de mer).
A suivre….



